Qu'est-ce que le radon ? Définition, seuils et risques
Qu’est-ce que le radon ?
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, issu de la désintégration de l’uranium présent dans le sol et la roche. Invisible, inodore et sans goût, il s’infiltre dans les bâtiments par les fissures et les espaces en contact avec le sol. Seule une mesure avec un dosimètre révèle la concentration chez vous.
D’où vient le radon ?
Définition
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. Il est inodore, incolore et sans goût. Il se forme dans le sol, lors de la désintégration de l’uranium présent naturellement dans les roches et les sols. Aucun sens ne permet de le détecter. Seule une mesure permet de savoir s’il est présent dans un bâtiment, et à quelle concentration. (OMS) (Santé Canada)
Comment il entre dans les bâtiments
Le radon s’infiltre dans les bâtiments depuis le sol. Les voies d’entrée : fissures des dalles de béton, joints entre la dalle et les murs, périphérie des tuyaux de service, drains et puisards. La concentration est typiquement plus élevée au sous-sol et aux niveaux en contact avec le sol. Elle diminue aux étages supérieurs. (OMS)
Qu’est-ce qu’un Bq/m³ ?
Bq/m³ = becquerels par mètre cube. C’est l’unité de mesure de la concentration de radon dans l’air. Plus le chiffre est élevé, plus la concentration est forte. 1 Bq/m³ signifie une désintégration radioactive par seconde, en moyenne, dans chaque mètre cube d’air. Sur la carte, la grille de lecture suit les paliers publiés par la légende : sous 100 Bq/m³ (faible), de 100 à 200 Bq/m³ (à surveiller), au-dessus de 200 Bq/m³ (élevé). (OMS)
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle : il se forme dans le sol lorsque l’uranium présent dans certaines roches se désintègre. Inodore, incolore et sans goût, il s’échappe du sol en permanence et s’infiltre dans les bâtiments par les fissures des fondations, les joints et les passages de tuyaux. Sa source est le sol sous le bâtiment — ni les matériaux, ni les meubles, ni l’activité des occupants. Sa concentration se mesure en becquerels par mètre cube d’air : 1 Bq/m³ signifie une désintégration radioactive par seconde, en moyenne, dans chaque mètre cube. Aucun sens ne le détecte — seule une mesure longue durée peut révéler sa présence dans un logement donné. (OMS) (Santé Canada)
Pourquoi deux maisons voisines peuvent-elles avoir des niveaux si différents ?
Pourquoi la concentration varie autant
Deux maisons voisines peuvent avoir des niveaux très différents. La concentration varie selon la géologie locale, l’étanchéité de la construction, la ventilation, la saison et même l’heure de la journée. Elle varie aussi d’une pièce à l’autre dans un même bâtiment. C’est pourquoi les mesures long terme sont les plus fiables : elles lissent ces variations au lieu d’en figer un instantané. (OMS)
Le radon au Québec
Au Québec comme ailleurs au Canada, le radon est présent dans le sol à des concentrations qui varient selon la géologie. Toutes les régions du Canada comptent des maisons au radon élevé : aucun secteur n’est « à l’abri ». La seule façon de connaître la concentration d’un bâtiment est de la mesurer. (Take Action on Radon) Le contexte géologique propre au Québec — formations rocheuses et potentiel radon associé — est documenté par l’Institut national de santé publique du Québec. (INSPQ)
Le radon est-il dangereux pour la santé ?
Le cancer du poumon
Oui : le radon est une cause importante de cancer du poumon. Chez les personnes qui n’ont jamais fumé, c’en est la première cause. Le risque provient d’une exposition prolongée, sur des années. Le gaz est inhalé sans être perçu. Aucun symptôme ne signale sa présence ; seule une mesure peut la révéler. (EPA) (Take Action on Radon) (OMS)
L’ordre de grandeur au Canada
Au Canada, le radon cause plus de 3 000 décès par cancer du poumon chaque année. (Take Action on Radon) C’est un ordre de grandeur, pas un décompte exact. Mais il donne l’échelle : l’exposition au radon dans les habitations est l’une des causes connues de cancer du poumon les plus importantes au pays. Elle se mesure, puis se corrige.
La relation dose-réponse
Plus la concentration moyenne à long terme est élevée, plus le risque est élevé. Le risque relatif de cancer du poumon augmente d’environ 16 % par tranche de 100 Bq/m³ de moyenne à long terme. La relation est supposée linéaire : chaque réduction de la concentration dans l’air intérieur se traduit par une réduction du risque. (OMS)
La part des cancers attribuable au radon
On estime que 3 à 14 % des cancers du poumon sont attribuables au radon, selon le pays. (OMS) C’est une part significative, pour un risque que l’on sait mesurer et réduire.
Les Québécois et le radon — ce que disent les enquêtes StatCan
- 20 % des ménages québécois avaient entendu parler du radon en 2007 ; 57 % en 2023.
- 5 % des ménages québécois avaient fait tester leur logement pour le radon en 2011 ; 13 % en 2023.
- Au Canada, 12 % des ménages avaient fait tester leur logement pour le radon en 2023.
Connaître le radon n'est pas l'avoir testé : seule une mesure peut dire ce que l'air de votre logement contient.
Source : Statistique Canada, Enquête sur les ménages et l'environnement (tableaux 38-10-0117, 38-10-0086, 38-10-0281), licence du gouvernement ouvert – Canada (OGL-Canada 2.0).
Tabagisme et synergie
Le radon et le tabac se conjuguent. À exposition égale au radon, les fumeurs sont environ 25 fois plus à risque de cancer du poumon que les non-fumeurs. (OMS) Les deux leviers de prévention restent distincts : ne pas fumer, et connaître sa concentration intérieure en la mesurant.
Les autres effets
À ce jour, aucun autre effet sur la santé n’a été établi pour l’exposition au radon dans l’habitation — ni autre cancer, ni autre maladie. (OMS) La prévention porte sur le cancer du poumon, et sur lui seul.
Vous êtes parents ? Les enfants passent plus de temps à la maison que la plupart des adultes, souvent dans les pièces les plus basses — et le risque s’accumule au fil des années d’exposition. Deux réflexes : connaître la concentration du logement où vit votre famille, et re-mesurer à chaque emménagement, car deux maisons voisines peuvent présenter des niveaux très différents. La mesure longue durée ne demande ni travaux ni compétence : un dosimètre posé pendant 91 jours ou plus suffit. Aucun symptôme ne signalera le gaz en attendant — seule la mesure le peut. Le protocole complet est décrit plus bas sur cette page, à la section « Mesurer le radon chez soi ».
Quels sont les seuils au Canada ?
Les seuils appliqués au Canada
La grille de lecture de la carte suit les paliers publiés par la légende : sous 100 Bq/m³, c’est acceptable ; de 100 à 200 Bq/m³, c’est à surveiller ; au-dessus de 200 Bq/m³, Santé Canada recommande la mitigation. La ligne directrice de 200 Bq/m³ est celle qui s’applique au Canada. (Santé Canada) (OMS)
Contexte international seulement : l’OMS recommande aux programmes nationaux une référence de 100 Bq/m³ là où elle est réalisable, sans dépasser 300 Bq/m³. Cette référence oriente les programmes nationaux ; elle ne remplace pas la ligne directrice canadienne appliquée sur ce site. (OMS)
La ligne directrice canadienne en matière de radon est claire : au-dessus de 200 Bq/m³ en moyenne annuelle dans un espace occupé, Santé Canada recommande de réduire la concentration — le plus souvent par une installation de mitigation. Sous 100 Bq/m³, la concentration est jugée acceptable ; entre 100 et 200 Bq/m³, elle mérite d’être surveillée : on re-mesure, idéalement en saison de chauffage, avant de décider. Cette grille de 100/200 Bq/m³ est celle qu’utilise la carte pour classer les secteurs. Elle est propre au Canada : à l’échelle internationale, l’OMS recommande de viser 100 Bq/m³ lorsque c’est réalisable, sans dépasser 300 Bq/m³. Quelle que soit la valeur mesurée, la décision commence par une mesure longue durée fiable : un instantané de quelques jours ne suffit pas à situer un logement sur cette grille. (Santé Canada) (OMS)
Pour savoir où vous en êtes, la page « Mesurer le radon chez soi » explique le protocole reconnu.
Pas encore de mesure chez vous ? Voir où se procurer un détecteur.
Comment mesurer le radon chez soi ?
Le protocole Santé Canada
La mesure qui fait foi est longue. Santé Canada recommande 91 jours ou plus, idéalement de 3 à 12 mois, de préférence pendant la saison de chauffage. Cette durée couvre les variations saisonnières : elle en fait la moyenne. Un relevé de quelques jours, lui, reflète la météo du moment. Il ne dit rien de l’air respiré au fil de l’année. (Santé Canada) (OMS)
Les limites des tests courts
Un test court est un instantané, pas une moyenne. La concentration varie d’heure en heure et de jour en jour : ventilation, météo, occupation de la maison. En dessous de 91 jours, le résultat fige un moment. D’où la règle de la carte : les tests courts sont étiquetés « indicatif » et exclus des moyennes de secteur. Ils informent ; ils ne fondent pas les statistiques. (OMS)
Où placer le détecteur
En règle générale : la pièce la plus basse que vous occupez régulièrement. Souvent le sous-sol, s’il sert vraiment. Placez le détecteur à la hauteur de respiration, à l’écart des courants d’air, des fenêtres, des murs extérieurs et des appareils de ventilation. Le guide de Santé Canada détaille le placement selon la configuration de votre maison. Suivez aussi les instructions qui accompagnent votre détecteur. (Santé Canada)
Trois familles d’appareils coexistent sur le marché. Le détecteur long terme passif (environ 30 à 60 $) s’expose pendant 91 jours ou plus, puis se retourne au laboratoire pour analyse : c’est le choix par défaut recommandé, le moins coûteux pour la mesure qui fait foi. Le moniteur électronique continu (environ 150 à 250 $) tient lui aussi lieu de mesure longue durée — Santé Canada reconnaît les deux familles d’appareils — à deux conditions : approuvé C-NRPP, et laissé en place 91 jours ou plus. Une lecture de quelques jours, ou un modèle non approuvé, ne tient pas lieu de mesure longue durée. Enfin, le détecteur avec analyse en laboratoire accrédité C-NRPP est l’option service complet : l’appareil, l’analyse accréditée et le rapport proviennent du même service canadien accrédité. (C-NRPP) (C-NRPP)
Voir où se procurer un détecteur pour choisir le vôtre.
Où se procurer un détecteur ?
Deux familles d’appareils, deux cheminements. Le dosimètre long terme passif : la voie la moins coûteuse, analyse en laboratoire incluse. Le moniteur électronique continu : approuvé C-NRPP et laissé en place 91 jours ou plus, une mesure longue durée elle aussi reconnue. La sélection commentée — moniteurs et le dosimètre tout inclus de l’Association pulmonaire du Québec — vit désormais sur sa page : où se procurer un dosimètre. Le critère y est le même partout : l’approbation C-NRPP et la durée, 91 jours ou plus.
Que faire après la mesure ?
Après la mesure
Le résultat se lit avec la grille de la carte. Sous 100 Bq/m³, c’est acceptable. De 100 à 200 Bq/m³, c’est à surveiller : on re-mesure, ou on envisage un test long terme. Au-dessus de 200 Bq/m³, Santé Canada recommande la mitigation, et la page « Atténuer le radon » explique les options.
Et quelle que soit la valeur, votre mesure intéresse la carte : plus il y a de mesures, plus les secteurs se distinguent. Ajouter ma mesure à la carte.
Dernière vérification : 2026-08-28
Sources
- Santé Canada — Le radon et votre santé
- Health Canada — Radon and your health (EN)
- INSPQ — Le radon dans l'habitation
- Take Action on Radon
- OMS — Fiche d'information « Radon » (2023)
- OMS — WHO handbook on indoor radon (2009)
- EPA — Radon
- Santé Canada — Guide du radon : comment mesurer le radon dans votre maison
- C-NRPP — Rapport sur les moniteurs électroniques grand public
- C-NRPP — Trouver un professionnel certifié
Prochaine étape
Vous savez maintenant ce qu'est le radon et comment le mesurer. Deux suites possibles : Atténuer le radon · Soumettre ma mesure